Les sept emplacements réservés aux véhicules des artisans biennois depuis un an sont appréciés. En revanche, elles sont souvent occupées et ne suffisent pas à répondre aux besoins.
Depuis un an, le centre-ville de Bienne dispose de sept places de stationnement réservées aux artisans. Il s'agit d'un projet pilote visant à permettre à ces derniers de trouver rapidement une place de parc lors de leurs interventions. Ils ne devraient pas avoir à en chercher une pendant plusieurs minutes. Cette mesure semble judicieuse, le nombre de stationnements en surface dans la ville ne cessant de diminuer. Cette réduction vise à proposer de l'espace pour les piétons, les cyclistes et les zones de verdure.
Comment fonctionne cette offre? Elle se traduit notamment par la mise à disposition de cases dans les rues Dufour, Adam-Friedrich-Molz, du Fer, du Rüschli, des Marchandises ainsi qu'à la rue Thomas-Wyttenbach. Selon la Ville, elles sont très fréquentées. «Nous pouvons d’ores et déjà confirmer que cette offre est très appréciée par les artisans», analyse le Service du génie civil et de la circulation. L'évaluation de la phase pilote est actuellement en cours, et les résultats seront communiqués au plus tôt en juin. «D'ici là, tout se poursuivra donc comme avant.»
Rarement disponibles
Patrick Demierre, conseiller de ville (UDC) et artisan, confirme que ses collaborateurs et lui-même apprécient les places réservées aux artisans, lui qui possède et dirige Elkom, une petite PME biennoise spécialisée dans les installations électriques. «D’une manière générale, nous les apprécions et en avons régulièrement besoin», explique-t-il. Cependant, elles sont souvent déjà occupées. «Nous apprécierions donc qu’il y en ait davantage. Surtout dans le secteur de la rue des Jardins et celle du Contrôle, car de nombreuses places de parc classiques y ont été supprimées récemment.»
D'autres entreprises artisanales locales partagent ce point de vue. C'est le cas d'Andreas Cotting, directeur de la société Baugeno AG et membre du comité directeur des PME biennoises. «L'idée est en effet bonne, mais il en faudrait davantage, car elles sont souvent déjà occupées quand on en a besoin», déplore-t-il.
Le chef d’entreprise constate aussi que des particuliers s’y garent régulièrement, malgré l’interdiction. «C’est bien sûr agaçant quand on a une intervention à effectuer dans les environs», note Andreas Cotting, responsable de l'organisation qui réalise des travaux de menuiserie ou de petite maçonnerie. Baugeno compte 28 collaborateurs et se déplace régulièrement avec ses 14 véhicules, principalement dans la ville et ses environs.
Il appelle également à «davantage de bon sens» dans l’attribution des amendes, estimant disproportionné qu’un véhicule de chantier, portes ouvertes, soit sanctionné alors qu’il se trouve stationné devant une habitation. «Mes employés ne peuvent pas transporter une lourde porte à travers la moitié de la ville. Parfois, il faut se demander combien de temps on compte rester là.»
Mise en garde de la présidente
«Ces places sont une bonne chose et nous y sommes favorables», souligne pour sa part la présidente des PME biennoises, Miriam Stebler. Qui estime également qu’une augmentation serait nécessaire. «Nous aimerions bien avoir deux ou trois places supplémentaires.»
Il est toutefois regretté que l’aménagement de ces emplacements ait conduit à la suppression de places destinées aux personnes handicapées ainsi que de zones de manœuvre. «Ce n’est pas dans notre intérêt», juge la présidente. Elle critique également ses propres membres, dont certains utilisent ces emplacements en dehors de leurs heures de travail.
«Nous sensibilisons les chefs d’entreprise à ne pas utiliser la carte de stationnement pour artisans à des fins personnelles.» Au nom des artisans biennois, Miriam Stebler a sollicité la Ville par e-mail pour organiser une table ronde à ce sujet. «Cette rencontre devrait avoir lieu mi-mai.»
____
Texte: Deborah Balmer, traduction: Julie Degoumois, ajour.ch